29 JUIN 14 0 commentaire
Rupture du ligament croisé antérieur : du traumatisme à la reprise sportive !

Rupture du ligament croisé antérieur : du traumatisme à la reprise sportive !

Les ruptures du ligament croisé antérieur surviennent principalement chez les patients jeunes, suite à des mouvements de torsion du genou lors de la pratique de sports « pivots » (ski, rugby, basket, hand ball ou encore course de taureau !). Une prise en charge adaptée de cette pathologie très fréquente permet de limiter les risques de lésions secondaires (ménisque et arthrose).

 

À « chaud », le traitement est symptomatique : repos, glace, antalgique et anti inflammatoire. Une fois le diagnostic de fracture éliminé, la mobilisation dans l’axe et l’appui sont autorisés afin d’éviter les raideurs secondaires. L’attelle ne sera utile que quelques jours, à visée antalgique (sauf cas de lésions ligamentaires périphériques associées et /ou de profession à risque).

Des séances de rééducation sont débutées assez rapidement pour récupérer les amplitudes articulaires et retrouver une marche satisfaisante.

 L’IRM permet le diagnostic de la lésion et est indispensable pour évaluer les autres structures du genou (ménisques, cartilage, ligaments périphériques).  L’IRM est désormais très accessible et doit être réalisée au moindre doute pour toute entorse du genou chez un jeune patient. Une consultation spécialisée pour des tests dynamiques complétera le bilan diagnostic.

 

En cas de rupture du ligament croisé antérieur, ce dernier ne cicatrisera pas de façon fonctionnellement satisfaisante ! Le genou présente alors une instabilité antérieure et rotatoire. Le ménisque interne prend le rôle de  « calle » pour stabiliser le genou, entraînant une usure plus rapide de ce ménisque favorisant l’arthrose secondaire. Toute déchirure du ligament croisé va favoriser l’apparition d’arthrose du genou dans les 10  à 15 ans.

 

 

Deux attitudes thérapeutiques sont schématiquement envisageables :

  • Le traitement fonctionnel, basé sur la rééducation, la musculation et éventuellement le port d’orthèse pour la pratique sportive (ski). Cette option est à réserver aux patients qui ne sont pas instables, peu sportifs, aux attentes fonctionnelles modérées. Il expose à l’apparition de lésions méniscales et cartilagineuses irréparables.
  • Le traitement chirurgical vise à reconstruire le ligament croisé antérieur (ligamentoplastie) pour permettre au genou de retrouver stabilité et confort sportifs.

 

 

Les indications chirurgicales :

  • Patient jeune (sportif ou non sportif) : Ligamentoplastie chirurgicale ! La récupération sera optimale et retardera les lésions méniscales.
  • Patient instable: ligamentoplastie chirurgicale
  • Suite à l’engouement pour le sport en général et la course à pied en particulier, il n’est pas rare désormais d’opérer des patients de plus de 50 ans désireux de reprendre le trail et/ou le ski de façon intense.

 

 

Les techniques chirurgicales ont en commun :

  • Une réalisation sous arthroscopie (agression chirurgicale minime)
  • d’une autogreffe (intégration biologique)
  • par des moyens de fixations satisfaisants pour permettre
  • une rééducation immédiate (pour retrouver un genou souple et musclé)

 

Les techniques de ligamentoplastie au « DT4 » ne visent à utiliser que le tendon du Demi Tendineux (Ischio-jambier) et non le Droit interne ET le demi tendineux (DIDT).  Cela représente une « économie » ligamentaire, bien utile chez le patient jeune pour réaliser des gestes associés (ténodèse latérale, reconstruction croisé Postérieur)

Le tendon du demi tendineux est replié 4 fois sur lui-même pour former une greffe compacte est très résistante. Ce greffon préparé est fixé dans des « tunnels » réalisés au niveau du fémur et du tibia.

Cette fixation se fait sans vis, ce qui est notable chez les patients encore en croissance (moins d’agression du cartilage de croissance), mais à l’aide de plaquettes en titane de 5mm, fixées comme des ancres.

Vue arthoscopique Ligamentoplastie LCA

Vue arthoscopique Ligamentoplastie LCA

 

La Ténodese latérale est un geste chirurgical associé, qui vise à reconstruire le ligament antéro latéral du genou. Initialement réservée aux patients sportifs de haut niveau, cette technique se démocratise pour les re-ruptures, les patients jeunes, et/ou pratiquant un sport à risque, comme le rugby. Ce geste permet de limiter l’instabilité rotatoire qui pourrait persister. Il expose à un risque de raideur post opératoire chez les patients plus âgés.

Concrètement :

  • L’opération peut être réalisée en Ambulatoire
  • La prise en charge antalgique péri opératoire est primordiale
  • La rééducation est immédiate avec appui, mobilisation et marche autorisées
  • La rançon cicatricielle est très esthétique
  • L’intégration de la greffe prend 6 mois, délai nécessaire pour reprendre les sports pivots.
  • Intervention très efficace pour patients motivés et observants !

 

genouEnfin, un bilan isocinétique et une laximétrie à 6 mois post opératoire permettront une analyse objective de la force musculaire et de la tenue de la greffe avant la reprise des  sports à risques. Cette analyse est désormais possible à Avignon.

La prise en charge des ruptures du ligament croisé antérieur est donc un travail d’équipe entre le médecin généraliste, le médecin du sport, le kinésithérapeute, le chirurgien et…le patient ! Elle vise à reprendre le sport dans les meilleures conditions pour éviter les re-ruptures.

 

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